La gestion de projet IT a profondément évolué en vingt ans. Autrefois dominée par les méthodes dites classiques ou prédictives (cycle en V, cascade), elle doit désormais composer avec une approche radicalement différente : Scrum, cœur de l’Agile.
Selon le PMI Pulse of the Profession 2023, près de 70 % des organisations déclarent utiliser une ou plusieurs méthodes Agiles dans leurs projets.
En parallèle, l’étude CHAOS Report 2020 du Standish Group montre que seuls 31 % des projets IT livrés en cycle prédictif respectent à la fois budget, délai et périmètre initial.
👉 Le constat est clair : il y a un avant et un après Scrum.
Comprendre cette bascule, c’est comprendre pourquoi tant d’équipes IT revoient aujourd’hui leur manière de travailler.
Comparer ces deux approches n’est pas un simple exercice académique : c’est une nécessité stratégique.
Beaucoup d’équipes IT et de managers se retrouvent confrontés à un dilemme :
Faut-il continuer à planifier longuement, en verrouillant budget et périmètre dès le départ ?
Ou adopter un cadre comme Scrum, qui privilégie l’adaptation et l’incrémental ?
1. Un changement d’environnement
Le monde des projets a changé. Selon McKinsey (2022), la durée de vie moyenne des solutions logicielles sur le marché est désormais de 4 à 5 ans seulement, contre 8 à 10 ans dans les années 2000. Les organisations n’ont plus le luxe d’attendre 2 ou 3 ans pour voir un livrable. L’agilité devient une réponse naturelle.
2. Des attentes utilisateurs différentes
Les utilisateurs finaux ne veulent plus d’un produit “clé en main” livré deux ans après le lancement du projet. Ils attendent une expérience continue, avec des fonctionnalités visibles et testables dès les premiers mois. Un rapport de Scrum Alliance (2021) souligne que 85 % des équipes estiment que Scrum améliore la satisfaction client grâce aux feedbacks réguliers.
3. Une pression budgétaire et organisationnelle accrue
Dans un contexte de digitalisation massive, les entreprises veulent sécuriser leurs investissements IT.
Or, le modèle classique est souvent associé à des dérives : retards, dépassements budgétaires, livrables partiellement utilisés.
Une étude de KPMG (2020) indique que 56 % des projets IT en modèle prédictif dépassent leur budget initial.
Scrum, en revanche, mise sur des livraisons incrémentales permettant d’arrêter ou de réorienter un projet plus tôt si la valeur n’est pas au rendez-vous.
4. Le vécu terrain : un vrai “avant/après”
Les professionnels qui ont piloté des projets dans les deux contextes témoignent d’une différence de posture radicale :
Avant (classique) : beaucoup de documentation, peu de contact avec les utilisateurs, de longs cycles de validation.
Après (Scrum) : des boucles courtes, une équipe responsabilisée, des clients impliqués en continu.

Scrum repose sur trois piliers : transparence, inspection, adaptation.
Contrairement au modèle classique, il ne cherche pas à tout verrouiller dès le départ, mais à avancer par incréments courts (les sprints, généralement 2 à 4 semaines).
Chaque sprint livre un produit utilisable, même partiel, ce qui permet de vérifier rapidement la valeur créée.
👉 Selon le 15th State of Agile Report (2021), 94 % des entreprises ayant adopté Agile utilisent Scrum ou une variante de Scrum. Cela confirme sa prédominance.

Dans Scrum, les responsabilités sont réparties au lieu d’être centralisées:
Product Owner (PO) : responsable de la valeur. Il priorise le Product Backlog selon les besoins métier.
Scrum Master : garant de l’application du cadre, il aide l’équipe à surmonter les obstacles.
Équipe de développement : multidisciplinaire et auto-organisée, elle conçoit, développe et teste.
Cette répartition contraste avec le chef de projet unique du modèle classique.
👉 Une étude de Scrum.org (2022) révèle que 78 % des équipes constatent une meilleure implication des collaborateurs grâce à ce partage des rôles.

Scrum s’appuie sur des cérémonies qui favorisent transparence et communication :
Sprint Planning : définir ce qui sera livré.
Daily Scrum : 15 minutes de synchronisation quotidienne.
Sprint Review : démonstration du livrable au client/utilisateur.
Retrospective : analyse continue pour s’améliorer.
👉 Ces rituels renforcent la culture du feedback : selon VersionOne (2021), 83 % des organisations indiquent que l’Agile (Scrum en tête) améliore la collaboration et la communication interne.

La comparaison entre gestion de projet classique et Scrum n’est pas qu’une affaire de vocabulaire.
Elle se traduit par des changements profonds dans la manière de piloter un projet, d’interagir avec les équipes et de livrer de la valeur.
Avant (classique) : le chef de projet concentre la responsabilité. Il centralise les décisions, suit l’avancement, et rend compte aux sponsors.
Après (Scrum) : la gouvernance est distribuée. Le Product Owner décide des priorités, l’équipe est autonome sur la mise en œuvre, et le Scrum Master facilite les interactions.
👉 Selon Scrum.org (2022), 82 % des équipes rapportent un gain d’autonomie perçu comme un facteur de motivation clé.
Avant : tout est planifié au départ. Le cahier des charges sert de référence unique, et le projet suit son chemin parfois jusqu’à la livraison finale, plusieurs mois ou années après.
Après : Scrum privilégie un backlog évolutif, réajusté à chaque sprint. Les livrables sont incrémentaux : chaque sprint apporte une valeur concrète, visible par les utilisateurs.
👉 Le 15th State of Agile Report indique que 60 % des organisations adoptant Scrum réduisent les délais de livraison de nouvelles fonctionnalités d’au moins 30 %.
Avant : le client est sollicité surtout au début (expression des besoins) et à la fin (recette). Les retours tardifs créent souvent un décalage.
Après : l’utilisateur est impliqué en continu grâce aux revues de sprint. Cela permet d’aligner rapidement le produit sur ses attentes.
👉 Une enquête Scrum Alliance (2021) révèle que 85 % des praticiens observent une hausse significative de la satisfaction client avec Scrum.
Avant : beaucoup de projets dépassent budget et délais. Le Standish Group rappelle que seuls 31 % des projets classiques atteignent leurs objectifs initiaux.
Après : Scrum améliore la transparence et permet de stopper ou réorienter un projet rapidement.
Les burn-down charts ou radiateurs d’information donnent une visibilité immédiate sur l’avancement.

Nous allons voir, dans cette partie, les repères pratiques : quand le modèle classique reste pertinent, quand Scrum est le meilleur choix, et quand un hybride est recommandé.
La gestion dite, prédictive garde encore toute sa place dans certains contextes.
Elle est adaptée aux projets où les exigences sont clairement définies dès le départ, peu susceptibles d’évoluer, et où la documentation est obligatoire.
👉 Exemple : mise en conformité réglementaire dans le secteur bancaire ou assurance, où chaque étape doit être tracée et validée.
Scrum se révèle particulièrement efficace pour les projets innovants, complexes ou soumis à de fortes incertitudes.
Sa force réside dans la capacité à s’adapter rapidement et à impliquer les utilisateurs en continu.
👉 D’après le 15th State of Agile Report, 64 % des organisations utilisent Scrum pour des projets numériques où les besoins évoluent en cours de route.
Dans la pratique, de nombreuses entreprises choisissent une approche hybride.
Elles combinent la planification et le reporting global d’un modèle classique avec l’exécution itérative et adaptative de Scrum.
👉 Exemple : grands programmes IT où le comité de pilotage suit des jalons prédictifs, tandis que les équipes terrain travaillent en sprints.

La comparaison entre gestion classique et Scrum montre bien qu’au-delà des outils, c’est avant tout une posture managériale qui change.
Là où le classique mise sur le contrôle, Scrum valorise la transparence, la collaboration et l’adaptation continue.
Adopter Scrum, ce n’est pas rejeter le passé, mais accepter de mettre le client et l’équipe au centre. Pour beaucoup d’organisations, la meilleure voie reste l’hybride : tirer le meilleur des deux mondes.
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MENTORATGP PAR HENRY ACOLATSE
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